Mickaël, la préparation est-elle une période importante dans votre saison ?
Pour moi oui,elle est prépondérante. Ce n'est pas le plus agréable mais c'est important de courir, de bien se préparer physiquement et de mettre toutes les chances de notre côté pour faire une bonne saison. Tout cela en ayant bien en tête cette date du 9 août qui est notre premier match de championnat à Monaco. D'ici là, on a six semaines pour nous préparer et c'est important de bien travailler.
Diriez-vous qu'une partie de la saison se joue actuellement ?
Pour faire un gros championnat, il est évident que cette période de préparation est déterminante. Si je suis habitué à faire des saisons régulières depuis 10 ans,c'est en grande partie parce que j'accorde beaucoup d'importance à la préparation.
Avez-vous bien profité de vos vacances ?
Oui,elles se sont très bien passées.
Pourtant, elles avaient mal commencé avec votre "non-sélection" à l'Euro...
Non...C'est plus ma fin de saison qui a été compliquée...C'est un mauvais souvenir et je ne vais pas tourner la page comme ça. Le fait de ne pas avoir été à l'Euro reste un énorme échec, une immense déception. Maintenant, quand on fait ce métier-là, on connaît les règles du jeu et on les accepte. Il y a des moments où le sélectionneur vous choisit, d'autres pas, c'est ce qui a été fait. Maintenant, je ne baisse pas les bras pour autant. L'idée, c'est de rebondir et surtout de continuer à me dire tous les matins que j'ai de la chance de faire ce métier, d'avoir du plaisir à m'entraîner, à travailler et tant que j'aurai ce plaisir, ce sera déjà fabuleux.
Quoi qu'il arrive, on a comme l'impression que vous ne doutez jamais. D'où tirez-vous cette confiance ?
J'évolué à un poste qui est par nature très exigeant, on se doit de donner confiance à nos partenaires et quand on est bien dans ses pompes, qu'on fait toujours le maximum, cela aide à passer des épreuves qui ne sont pas simples, comme parvenir à se maintenir cette saison. Moi, je me suis toujours attaché à ne pas tricher. Je veux continuer à travailler, continuer à être pro, intègre et c'est bien là le principal.
Pendant vos vacances, comment avez-vous vécu le fait que les dirigeants vous cherche un remplaçant ?
Cela fait deux ans que je suis ici et plus rien ne me surprend. . .Mais j'apprends à faire la part des choses, à lire entre les lignes, à savoir ce qui a été dit, pas dit.... Moi, ce que je sais aujourd'hui, c'est ce dont je suis capable, je suis sûr de ma force et la reste n'a que peu d'importance. J'étais bien présent à la reprise, j'ai un contrat avec Paris et je suis heureux de reprendre l'entraînement.
Pendant vos vacances, Paul Le Guen vous a-t-il appelé pour vous assurer son soutien ?
(Silence). Déjà, il y a certaines qui n'ont pas besoin de m'appeler pour que je sache si je compte ou pas pour eux. Maintenant, pendant mes vacances, je savais qu'il y avait certaines personnes qui étaient disponibles si j'avais besoin de parler, c'est bien. Mais pour moi, l'essentiel était de profiter de ma famille, du temps qui m'était donné car cela faisait très longtemps que je n'avais pas eu un mois de coupure. Maintenant, finies les vaacnces (sourires), à moi de me préparer pour être le meilleur possible la saison prochaine.
La contre-performance de l'équipe de France à l'Euro atténue-t-elle votre déception de ne pas avoir été sélectionné ?
Non. Je ne vais pas me réjouir de leur élimination sous prétexte que je n'y suis pas allé. Avant toute chose, j'ai été enfant, je suis passionné par le football, en lui-même, par l'équipe de France. J'aurais préféré, même dans la difficulté, vivre cet Euro. Mais c'est la vie . . .
Dans votre chambre à Tignes, que s'est-il passé exactement quand Raymond Domenech est venu vous voir ?
Ce qui est important, c'est ce qui se passe sur un terrain. En dehors, je ne vois pas l'intérêt de vous raconter ce qu'on s'est dit.
Lui en voulez-vous, au moins un peu ?
Je n'ai aucune envie de rentrer dans ce genre de débat. Je ne suis pas quelqu'un qui va cracher dans la soupe sous prétexte que je n'ai pas été choisi et qui va encenser les gens dans le cas inverse. J'ai une opinion et je la garde pour moi, point.
Êtes-vous pour ou contre le maintien de Raymond Domenech dans ses fonctions ?
Que ce soit clair. Je n'aime pas du tout faire de la politique autour du football aujourd'hui. Que ce soit la presse, les gens. . . Au Conseil Fédéral, il y a des gens qui sont justement élus pour ça, qu'ils fassent leur travail au mieux et ils doivent avoir tous les arguments. Mais pour moi, la seule chose qui compte, c'est d'avoir la réflexion de se dire : pour le football et pour l' Équipe de France, il faut faire le bon choix. Mais il ne faut surtout pas raisonner et agir en fonction d'intérêts inidividuels.
Bernard Mendy aime à dire que : "Ce qui ne tue pas rend plus fort". L'avez-vous ressenti ?
Je crois que c'est un peu fort comme expression. . . Franchement, toute ma vie n'est pas basée sur le football. A partir de là, j'ai un équilibre et c'est ce qui me sauve. Je me dis chaque jour que j'ai la chance de faire ce métier-là, donc je relativise.
Comment avez-vous reçu l'accueil des supporters à la reprise ?
Ce qui est particulier à Paris, c'est que les journalistes qui relatent l'ambiance du Camp des Loges ne viennent pas forcément tous les jours de la semaine à l'entraînement. Ils peuvent venir une fois quand les supporters sortent les banderoles, en parler, alors que les sept jours d'après, tout sera très calme. Il faut faire attention avec les généralités. Pareil pour nous, les joueurs. Il suffit qu'un jour on ne veuille pas parler à la presse pour qu'on nous catalogue, alors que le lendemain on peut s'exprimer tout à fait normalement. Il faut se méfier de l'image qu'on peut donner de nous. Mais pour en revenir aux supporters, je n'ai pas trouvé l'ambiance si tendue que ça le premier jour. Ils ont simplement envie d'une équipe, de résultats et de montrer aussi leur passion pour le PSG. Dans la mesure où il n'y a pas de violence, où il y a du respect, ça va. Autant il y a eu des débordements à certains moments qu'on ne peut pas accepter, autant là, ils ont le droit de manifester leurs opinions.
Leur en voulez-vous de vous avoir, pour certains, sifflé l'an dernier ?
Je crois qu'il y beaucoup de choses autour de ce club où il y a des orientations, des manipulations, des pressions qui peuvent aussi influencer les gens. Aujourd'hui, je connaîs très bien le contexte et je veux agir en fonction de ça. Le PSG est un club qui génére beaucoup de passion. Les gens ont envie que le club gagne, qu'il soit le plus haut possible. Le degré d'exigence est élevé.
Voulez-vous aller loin en Coupe d'Europe ?
Il est encore trop tôt pour fixer les objectifs du PSG. Le 9 août est encore loin. Le Mercato est loin d'être fini, donc aujourd'hui il me semble prématuré de dire quoi que ce soit.
Qu'est-ce qu'un joueur comme Makelele, que vous connaissez bien par la sélection, pourrait apporter au PSG ?
Aujourd'hui je trouve que quand on est à Paris, c'est toujours la même chose. Sion commence à parler des joueurs qui pourraient venir, de ceux qui pourraient partir. . . Franchement on ne va pas s'en sortir...C'est un discours sans fin.
Et que dire à propos de Lilian Thuram ?
Je ne suis pas cardiologue. Donc c'est difficile de m'exprimer ! On le saura le 30 juillet.
Avez-vous pensé aller voir ailleurs à un moment donné, cela vous a-t-il traversé l'esprit ?
(Silence). Comme je vous l'ai dit, le Mercato n'est pas fini. . .
Source: LeFootParis